1924

 

André Beaurepaire est né à Paris, le 4 août 1924, au 13, de la rue d'Aguesseau, dans l’immeuble des Papeteries Navarre fondées par son grand-père maternel André Navarre. Il est le fils de René Beaurepaire et de Marie-Josèphe Navarre et aura trois sœurs. Marie-France, l’aînée qui mourra en bas âge, puis Marie-Thérèse et Monique qui deviendra comédienne sous le pseudonyme d’Armande Navarre.


Dès la prime enfance, il se passionne pour le dessin. Érigeant sur ses cahiers d’écolier, des donjons, des obélisques, des façades de palais, de cathédrales, d’architectures imaginaires… Esquissant des têtes, des silhouettes, des carrosses… Construisant des maquettes de paquebots transatlantiques, de villes, de gare maritimes…


1926

La famille emménage avenue Céline à Neuilly sur Seine. Laissant derrière elle, le 13 rue d’Aguesseau situé à deux de l’ambassade d’Angleterre où Cocteau l’emmènera vingt plus tard à la rencontre de l’ambassadeur de Duff et Lady Diana Cooper et de Louise de Vilmorin.


1932

Dès l'âge de huit ans, et ce, jusqu’en 1940, il élaborera des séries de dessins qui seront autant de découpages de films inventés autour de personnages tels que Vercingétorix, Charlemagne, Ivanhoé, Jeanne d’Arc, François 1er, Marie Lecsinska…


1934

Nouveau déménagement pour le 6, bis bd Maillot, Paris 16ème. Le jeune Beaurepaire dessine encore et toujours.


1938

Emménage au 35, rue Jacques Dulud à Neuilly sur Seine. Ses parents sentant la guerre se profiler, achètent Frau, un petit château situé Thizay, à 8 km de Chinon en Indre et Loire.


1940

Adolescent durant la guerre, il vivra donc entre Paris et Frau près de Chinon, dans cet ancien relais de chasse du Dauphin, futur Charles VII. Une scolarité chaotique le verra souvent changer d’établissement, mais le dessin sera toujours au centre de sa vie.


1942

Il a 18 ans et sa famille emménage rue Berlioz à Paris 16ème.


1944

Pour les éditions de la Nouvelle-France, Beaurepaire illustre son tout premier livre : « Sagesse » de Paul Verlaine.


1945

Le 1er février, admirateur de Christian Bérard depuis toujours, il finira par aller lui rendre visite, rue Casimir Delavigne, son carton à dessin sous le bras. Séduit, Bérard se propose de montrer son travail à l’encre à Jean Cocteau. Ce jour-là, Beaurepaire rencontrera aussi le poète Olivier Larronde, qui improvisera sur un de ses dessins, le quatrain suivant :



Huit jours plus tard, il reçoit un coup de fil d’un Cocteau enthousiaste, qui lui propose de collaborer à un projet en préparation: « Le Théâtre de la Mode ». Manifestation censée célébrer au Musée des Arts Décoratifs, le renouveau de la « Haute Couture » au sortir de la guerre.

À 20 ans et sans aucune expérience professionnelle, il se retrouve d’emblée, avec quelques-uns des grands noms du théâtre de l’époque : Bérard, Cocteau, Wakhevitch, Malclès… Et de prestigieux couturiers tels que Balenciaga, Nina Ricci, Schiaparelli, Lanvin, Marcel Rochas, Hermès, Jean Patou, Lucien Lelong, Jacques Fath, Molineux, Madame Grès…

L’exposition, inaugurée le 28 mars 1945, rencontrera un tel succès public (100 000 visiteurs) qu’elle sera accueillie la même année à Londres, Leeds, Barcelone, Stockholm, Copenhague. Pour honorer les robes du soir dont une robe rouge de Balenciaga, Beaurepaire proposera « la Grotte enchantée », un décor en noir et blanc, réalisé à partir des éléments de sa maquette photographiée et agrandie.

Après le succès de l’exposition, Cocteau souhaitera adapter au cinéma « La Princesse de Clèves », avec Michèle Morgan de retour des Etats-Unis. Il demandera à Beaurepaire d’imaginer les décors du film, mais le projet sera ajourné…

Louis Jouvet lui suggère un travail de recherche sur le Don Juan de Molière que Beaurepaire poursuivra par une série de dessins à l’encre sur le théâtre de Corneille.


1946

Aux éditions France-Empire, The Tempest de William Shakespeare a été tiré, pour la lettre, sous les presses de Jourde et Allard, Maître imprimeur, à Paris, et, pour les 11 gravures sur cuivre en taille-douce d'André Beaurepaire, par A. Monnard, en province. Le tirage a été limité à 145 exemplaires, dont 5 sur papier japon nacré à la forme, accompagné d’un des cuivres rayés, et 140 exemplaires sur papier d’Auvergne à la main et à la forme. En outre 5 exemplaires ont été réservés à ceux qui achevèrent The Tempest, à Paris dans le mois de janvier 1946.

Pour sa première collaboration avec les Ballets des Champs-Élysées, la compagnie de Roland Petit, Boris Kochno, il crée le décor et les costumes de « Concert de Danses », Mozartiana de Tchaïkovsky, chorégraphié par Marcel Berger et dansé par Solange Schwarz et Youri Algarov, au Théâtre des Champs-Élysées. Les costumes sont exécutés par la grande Irène Karinska.

A Bruxelles, au Théâtre Royal des Galeries, Cocteau remontera « Renaud et Armide » que le jeune Beaurepaire avait vu à 18 ans, en avril 1943 à la Comédie Française avec Marie Bell et Maurice Escande dans les décors et costumes de Christian Bérard. Pour cette reprise, Cocteau et Marais lui demanderont d’imaginer le décor et les costumes de la pièce. Décor exécuté par Lavardet et Streiff) et les costumes par la grande couturière Madame Grès.

Introduit à l’Ambassade d’Angleterre par Jean Cocteau, il y rencontre Lady Diana et Duff Cooper mais surtout Louise de Vilmorin. Point de départ d’une longue amitié qui le verra séjourner à Verrières-le-Buisson, pendant plusieurs mois à la fin des années 50.

Le « Théâtre de la Mode » traverse cette fois l’Atlantique, il est accueilli au Whitelaw Reid Mansion sur la Madison Avenue de New York puis au Yong Museum de San Francisco. Pour cette nouvelle exposition, Beaurepaire proposera un plus vaste décor en noir et blanc, créé selon le même procédé d’un gigantesque agrandissement photographique de ses dessins.

Un an après avoir rencontré Olivier Larronde chez Christian Bérard, Beaurepaire réalise deux lithographies pour « Les Barricades Mystérieuses ». Premier recueil de poésie de Larronde, alors âgé de 18 ans. Ouvrage tiré à 766 exemplaires aux éditions de l’Arbalète dirigée par Marc Barbezat et diffusé chez Paul Morihien 11 bis rue de Beaujolais, avec le soutien de Jean Genet. Les deux lithographies du livre seront réalisées chez les frères Mourlot. En 1959, Giacometti illustrera le second recueil d’Olivier Larronde « Rien Voilà l’Ordre »


1947

Cocteau s’inspirera du destin tragique de l’impératrice Elisabeth d’Autriche pour écrire « L’Aigle à Deux Têtes » qu’il montera fin 46 au Théâtre Hébertot, dans des décors d’un « néo-gothique » revisité par Beaurepaire, dans l’esprit des châteaux de Louis II de Bavière. Les costumes seront signés Christian Bérard. La pièce remportera un vif succès avec une Edwige Feuillère magnifique, comme reine de Théâtre et un Jean Marais, émouvant dans son rôle d’anarchiste désespéré.

Les dessins préparatoires de « La Princesse de Clèves » imaginés pour le projet de film de Cocteau illustrent le texte de Madame de Lafayette chez Mermod éditeur à Genève.

Exposition collective « Rayonnement du Théâtre Français » en Suède, Norvège et Portugal avec présentation de maquettes de Beaurepaire, Bérard, Coutaud, Dignimont, Suzanne Raymond, Jean Hugo, Jean-Denis Malclès, Roger Chapelain-Midy, Douking, Faure, Labisse (Septembre-octobre)


1948

Richard Buckle, un ami anglais, fondateur de la revue « Ballet Magazine », lui présente Frederick Ashton, le célèbre chorégraphe anglais, qui a déjà vu et revu « Concert de Danses » à l’Adelphi Theatre de Londres en 1946. Ashton projette alors « Scène de Ballets » sur une partition d’Igor Stravinsky pour le Royal Opera House de Covent-Garden. Chorégraphie magistralement dansée par Margot Fonteyn, une des partenaires fétiches de Rudolf Noureev. A 24 ans, Beaurepaire se voit proposer la réalisation du décor et des costumes pour ce brillant chorégraphe anglais.

Au cours des répétitions au Covent-Garden, il y rencontre Arletty venue de Paris, en compagnie de Roland Petit. Coup de foudre amical entre la « Garance » des Enfants du Paradis et le peintre.

Expose en janvier, Cocteau le fait exposer Galerie Paul Morihien, 11 bis rue de Beaujolais, au Palais Royal. André montre une série de dessins d’architectures spectaculaires réalisés en gris, noir et blanc à l’encre de Chine.

Gallimard publie à la NRF, « Récits, Romans, Soties » d’André Gide. Pour les illustrations, l’éditeur fera appel à Derain, Jean Hugo, Van Dongen, Prassinos, Touchagues, Dufy, Bérard, et Clavé. Beaurepaire proposera trois dessins aux crayons aquarellés pour « Le Voyage d’Urien ».

Sur un livret de Boris Kochno, une chorégraphie de Gsovsky et une musique de Mme Claude Arrieu, il réalise décors et costumes de « Fête Galante », pour le Théâtre des Champs-Élysées puis le Princes Theatre de Londres. Ballet dansé par Irène Skorik et Youri Algarov.

Exposition de maquettes de costumes et de décors des Ballets du Théâtre des Champs-Elysées, avec Beaurepaire, Bérard, Christian Dior, Brassaï, Tom Keogh, Marie Laurencin, Picasso, Jean Hugo, Léon Bakst, Marcel Yertes, Mayo…


1949

Le douze février, alors qu’il travaille à un nouveau projet de ballet pour Roland Petit, Beaurepaire apprend, consterné, la mort subite de Christian Bérard, au cours des répétitions des « Fourberies de Scapin » par la Compagnie Renaud-Barrault, au Théâtre Marigny. Quatre ans, presque jour pour jour, après leur première rencontre, rue Casimir Delavigne.

Pour « Le Bal des Dieux l'Olympe », chez Gilbert Orcel, il créera les costumes de Castor et Polux que réalisera le tout jeune Pierre Cardin, alors apprenti chez le célèbre costumier Marcel Escoffier. Arletty et Beaurepaire feront sensation en « Castor et Pollux ».

Il passera son premier été à Collioure en compagnie d’Arletty.

Un soir de relâche, Arletty interprétant à Paris, le rôle de Blanche du Bois dans « Un Tramway nommé Désire », de Tennessee Williams, est invitée à Londres, par Laurence Olivier et Vivian Leigh, à venir la voir jouer le même rôle. Beaurepaire sera du voyage pour une telle rencontre !

Jean Genet qui vient d’achever l’écriture de « Haute Surveillance » lui confie décor et costumes. Sa pièce sera créée au Théâtre des Mathurins, dans une mise en scène de Jean Marchat avec Robert Hossein dans l’un de ses premiers rôles.

À la demande de Cocteau, metteur en scène du projet, il fera les décors de « Léocadia » de Jean Anouilh, pour une Tournée au Théâtre Royal de l’Opéra du Caire, avec Jean Marais et Yvonne de Bray.


1950

En présence de Roland Petit et d’Olivier Larronde, Beaurepaire lit un synopsis qu’il destine à Marlène Dietrich, intitulé « The glory of Lady Blue ». Au cours de la discussion, il lance : « Cette femme est une croqueuse de diamants ». L’idée fait tilt auprès de Roland Petit qui montera un ballet du même nom pour Zizi Jeanmaire, sur un livret de Raymond Queneau.

Rencontre avec Cécile Sorel, « monstre sacré », dans l’histoire du Théâtre.

Signe l'affiche et le programme pour la compagnie du Grand Ballet du Marquis de Cuevas.

Au Théâtre de l’Empire, il créé les décors et costumes de La Revue de l’Empire montée par Roland Petit avec Arletty…

Illustre « Le Grand Meaulne » d’Alain Fournier pour les éditions du Livre Monte-Carlo.

1951

Travail sur les décors du « Camée Léopard » un projet non abouti du Grand Ballet du Marquis de Cuevas, pour Jean Babilée.

1952

Expose une série de pastels à la Galerie Bernheim Jeune, 83, rue du Faubourg Saint-Honoré

En convalescence à Forcalquier, Beaurepaire y fait la connaissance de Lucien Henry, qui l’emmène chez Bernard Buffet et Pierre Bergé dans leur ferme fortifiée de Reillane, Haute Provence.

Quitte le 17, rue Berlioz, pour le 33 avenue des Champs-Elysées.

1953

Sur un argument de Jean-Pierre Grédy, Roland Petit monte avec grand succès « Ciné-Bijou » au Théâtre de l’Empire dansé par Colette Marchand, sur une musique de Pierre Petit. Beaurepaire y fera les décors et Gruau, les costumes.

Nouvelle collaboration avec Roland Petit qui présente « La Belle Endormie » au Stoll Theatre de Londres. Un ballet librement inspiré de « La Belle au bois dormant » où Leslie Caron triomphe, sur une musique d’Henri Dutilleux et un décor et des costumes de Beaurepaire.

Il travaille aussi au décors et costumes de « La Perle » réalisé au final par Zao Wou Ki, sur un argument de Louise de Vilmorin et chorégraphié par Roland Petit.

1955

A la Scala de Milan, le chorégraphe Alfredo Rodriguez prépare « La Cenerentola » de Prokofiev, avec Violette Verdy. Un ballet en trois actes pour lequel, il dessinera 8 décors et 140 costumes. Voir le livre « Le Monde de Beaurepaire » paru en français ou en italien aux éditions Allemandi en 2012. Consultez le site de l’auteur Vittoria Crespi-Morbio.

Durant son long séjour à la Scala de Milan, il expose pas très loin à la Galleria dell’Ariete, 5, via San Andrea, ses derniers dessins à l’encre de Chine.

Pour le gala de l'Union des Artistes au Cirque d'Hiver à Paris, Arletty présentera un numéro de dresseur d’éléphant. Elle demande à son ami Beaurepaire d’imaginer un rutilant costume de cornac, qu’Irène Karinska réalisera avec brio.

Du 11 septembre au 16 octobre, reprise de « Scènes de Ballet » de Frederick Ashton au New-York Metropolitan Opera House. Ballet créé au Covent Garden de Londres en 1948.

Exposition collective, « Dessins et Gouaches », Galerie Marforen, Fbg Saint-Honoré à Paris, avec aussi Philippe Jullian, Leonor Fini…

Jean Cocteau, Louise de Vilmorin préfacent l’exposition Galerie de La Cour d’Ingres, Quai Voltaire. Peintures et dessins à la plume.

1956

Louise de Vilmorin, écrit les livrets d’un ballet « La Lettre » et d’une comédie musicale « Migraine » pour lesquels, il entreprend une série d’études préparatoires.

Beaurepaire réalisant le rideau de scène de la « Revue des Ballets de Paris », signera les décors de « La Nuit », une comédie musicale de Léo Ferré, montée au Théâtre de Paris, par Roland Petit pour Zizi Jeanmaire avec les costumes d’Yves Saint-Laurent.

Exposition collective intitulée « Ballets des Champs-Élysées, 1945-1951 » sous la direction de Boris Kochno et Roland Petit. Y sont associés André Beaurepaire, Christian Bérard, Brassaï, Mayo, Jean Hugo, Jean-Denis Malclès, Tom Keogh, Clavé, Stanislas Lepri, Vertes, Balthus, Marie Laurencin, Jean Cocteau, Pablo Picasso.

Exposition collective « Aux Deux Garçons », cours Mirabeau à Aix-en-Provence, en compagnie d’Arène, Bourdouxhe, Boucher, Daboval, Louis Pons, Vincent Roux et Louis Trabuc.

1957

French Theater Designers, à la Faulkner Gallery, Santa Barbara Public Library avec Beaurepaire, Felix Labisse, Dimitri Bouchene, Léonor Fini, Stanislas Lepri, André Delfau, Tom Keogh, Brigitte Jagu, Jean Hugo, Jean-Denis Malclès, Suzanne Raymond, Lucien Coutaud, Roger Chapelain-Midy, Marc Doelnitz, Raymond Faure.

1958

Emménage successivement 96, rue de Rivoli, puis Place de la Bastille à l’angle de la rue de la Roquette. Il part ensuite à Verrière le Buisson chez son amie Louise de Vilmorin où il travaille sa peinture et sur divers projets dont les décors et les costumes des « Chevaliers de la Table Ronde » de Jean Le Poulain, ainsi qu’à un « Cyrano de Bergerac » pour Roland Petit.

Il rend une visite à Georges Braque, dans son atelier de Varengeville, en Seine Maritime. Grande émotion pour l’artiste.

1959

Exposition collective aux USA, « 50 years of Ballet Design », organisée par l’American Federation of Arts aux Etats-Unis.

Victime d’un feu rouge grillé par un chauffard, son père, René, meurt en pleine nuit dans un accident de voiture à Paris du côté de Malesherbes-St Augustin, au mois de mai.

Son amie Louise de Vilmorin séjourne au château de Frau à Thizay près de Chinon du 19 juin au 6 juillet. Elle a pour projet de monter sa propre comédie musicale « Migraine » sur une musique de Pierre Petit et des décors et costumes d’André.

1960

Léonid Massine lui offre de collaborer avec lui sur trois Ballets qui seront montés pour le Festival International de la Danse de Nervi. Au programme, l’intégrale du « Barbier de Séville » de Rossini, qui sera pour la première fois simultanément dansé et chanté. Grande Première pour laquelle il signe décors et costumes ; exécutés à merveille par Lydia Doboujinsky.

Viennent ensuite « Le Beau Danube Bleu » de Johann Strauss, et « Choréartium » de Brahms dont il créé les décors. Invité par Massine, Maurice Béjart créera là, l’un de ses tous premiers ballets.

Nadine Farel, productrice, propose à Cocteau de reprendre « L’Aigle à Deux Têtes » monté à l’Hébertot en 1946. Ce sera au Théâtre Sarah Bernhardt cette fois et Edwige Feuillère y reprendra le rôle de la Reine. Beaurepaire lui, proposera de nouveaux décors.

6 février, emménage 320, rue Saint-Honoré Paris 1er.

Conduite par Pierre Bergé, nouveau séjour de Louise de Vilmorin chez Beaurepaire au château de Frau près de Chinon, pendant les mois de février et mars. Elle y poursuit la traduction de la comédie musicale « Kiss me Kate » dans des conditions plutôt spartiates, pas de chauffage dans ce rustique relais de chasse. Mais comme toujours avec Beaurepaire, l’atmosphère est joyeuse. Durant le séjour, ils se rendent en voisin, à Huismes chez Max Ernst et Dorothea Tanning qui reçoivent Jean Arp.

Du 24 au 31 octobre, Louise de Vilmorin et Beaurepaire séjournent en Gironde à Fontgravey-Blanquefort chez la famille des sœurs Philippart, Sylvaine et Nathalie qui dansa avec Jean Babilée en 1946 « Le Jeune et la Mort ». Un ballet en deux tableaux de Roland Petit sur un livret de Jean Cocteau et une musique de Jean-Sébastien Bach.

1961

Expose à New York, Galerie Wildenstein, une série de dessins aux encres de couleurs.

Comme chaque année depuis le début des années cinquante, il séjourne à Belle Isle en Mer, chez Arletty, qui a une maison à Donnant.

1962

Exposition collective, « French Watercolours of the 20th Century », Galerie Wildenstein, Londres. Avec Bernard Buffet, Raoul Dufy, Roger Chapelain-Midy, Willem van Hasselt…

Dessins préparatoires pour « La Petite Sirène » musique de Germaine Taillefer sur un livret de Philippe Soupault.

Chez son amie, la réalisatrice Juleen Compton, dans l'ancien appartement de Louis Aragon et d’Elsa Triolet, rue de la Sourdière à Paris, il rencontre l’éminent directeur de théâtre et critique Harold Clurman. Fondateur of The Group Theater avec Cheryl Crawford et Lee Strasberg qui créera l’Actors Studio en 1947.

1963

Son amie Edmonde Charles-Roux, suggère à Gian-Carlo Menotti, de confier à Beaurepaire les décors et costumes du « Dernier Sauvage » à l’Opéra-Comique de Paris. Cet opéra lui donnera l’occasion d’évoquer tout à la fois la magnificence des Maharadjas dans leurs palais, de dessiner un moderne paint-house à New-York et de créer de luxuriantes forêts vierges.

Réalise un décor Art Nouveau style Guimard, pour « Les Oiseaux Rares », une pièce de René Lhoste, montée au Théâtre Montparnasse, avec Armande Navarre sœur de l’artiste.

Les Centraux Bibliophiles lui commandent les illustrations des « Poèmes en prose » d’Arthur Rimbaud. Livre imprimé à 140 exemplaires et comprenant 20 lithographies originales tirées chez les célèbres Frères Mourlot où venaient Matisse, Fautrier, Dubuffet, Picasso, Miro, Chagall, Braque, Giacometti…

Au Grand Véfour, en compagnie de Gian-Carlo Menotti, il voit pour la dernière fois son ami Jean Cocteau qui meurt quinze jours plus tard à Milly-la-Forêt le 11 octobre ; Quelques heures seulement après Edith Piaf…

1964

Aux Bouffes Parisiens, Jean Le Poulain monte avec brio « Têtes de Rechange » une pièce de Jean-Victor Pellerin. Les décors et les costumes seront réalisés de « main de maître » dixit le critique du Figaro, Jean-Jacques Gautier.

1965

Expose chez Alexandre Iolas, à Genève, ses dernières toiles. Sa palette s’éclaircit, une lumière dorée vient caresser ses « villes », ses « paysages embrumés »… Pour la circonstance, François Nourissier écrit un superbe texte sur le travail de l’artiste. De passage à Genève, Jean Genet, vient saluer Beaurepaire, seize ans après leur collaboration pour « Haute Surveillance » qui fit scandale.

1966

Sortie « Des Petites fenêtres », de Lucien Henry, chez Robert Morel, éditeur à Forcalquier. Livre regroupant les études à la plume ayant servi pour le décor de « Haute Surveillance ».

1967

Chaque semaine, en compagnie de Lila de Nobili et de Yannis Tsarouchis, ont lieu chez lui, 320 rue Saint-Honoré, des séances de dessin avec modèles… Pompeusement surnommée par le trio fondateur, « l’Académie » celle ci est ouverte à tous et durera jusqu’en 1970. Durant cette période le peintre grec Yannis Tsarouchis travaillera aussi chez Beaurepaire de grandes toiles jusqu’à ce qu’il parte s’installer à Méru.

1968

Expose à Paris, Galerie Jean Wanecq, rue des Saints Pères, où Janine Caracalla présente les derniers pastels de l’artiste qui fait une incursion assez inattendue vers une néo-impressionnisme. Début des événements de Mai 68. Le 3, le Quartier Latin est déjà en ébullition et certaines personnes arrivent au vernissage les yeux rougis par les gaz lacrymogènes.

1969

Expose à Paris, Galerie Jean Wanecq, rue des Saints Pères, une nouvelle série de pastels toujours présentés par Janine Caracalla.

A La Cafetière au 21, rue Mazarine, il voit pour la dernière fois sa très chère Louise de Vilmorin rencontrée en 1946 à l’Ambassade d’Angleterre. Elle meurt quinze jours plus tard le 26 décembre.

1970

Toujours fidèle à sa passion pour l’architecture des grands bâtisseurs, Beaurepaire créé à l’encre de Chine, tout une série de « Tours de Babel » dont « l’aventure visionnaire semble sans fin. » Comme l’écrira Jean-Marie Dunoyer dans le journal Le Monde : « Seuls les bords de la toile stoppent sa croissance, sa poussée verticale. En fait, ils ne l’arrêtent pas, ils la coupent, le châssis n’est pas extensible. Libre au rêve de suivre, littéralement à perte de vue. » Série qu'il poursuivra jusqu'au début des années 90.

1972

La proposition de Raymond Gérôme, de faire les décors et costumes de « Sud » pour l’Opéra de Paris sur une musique de Kerton Cœ, lui offre l’opportunité de travailler avec Julien Green dans ce superbe Palais Garnier.

Au Casino de Paris, en compagnie d’Yves Saint Laurent, Erté et Pace, Beaurepaire réalise le rideau de scène pour la Revue « Zizi, je t’aime » musique de Michel Legrand, paroles et chansons de Serge Gainsbourg.

1971

Il entreprend lentement et méticuleusement tout un travail à la plume sur la « Tétralogie » de Richard Wagner », qu’il écoute à longueur de journée, dans la version dirigée par Sir Georg Solti.

1977

Expose dessins à l’encre, craie et toiles à l’huile, à Paris, au 6 rue du Cirque chez la grande marchande que fut Henriette Gomès. En effet Balthus sera l’artiste exposé juste après lui.

Exposition collective, « Visions de la Danse », Galerie Proscenium, 35, rue de Seine à Paris. Avec Cocteau, Jean Hugo, Leonor Fini, Marie Laurencin, Jean-Denis Malclès, Wakhévitch…

1978

A l’instigation du prodigieux Baryschnikov, Roland Petit montera « La Dame de Pique » de Tchaïkovsky avec les Ballets de Marseille Il fera appel à Beaurepaire pour la création des décors au Théâtre des Champs-Élysées. Jacqueline Rayet tiendra le rôle de la Comtesse et Evelyne Desutter, celui de Lisa.

1979

Michel Déon entre à l’Académie française. Il demande à Beaurepaire de bien vouloir lui dessiner son épée d’académicien avec pour symboles : le Trèfle Irlandais, la Fleur de Lys et la Chouette Athénienne, réplique exacte d’une pièce grecque de l’Antiquité. Ivoire, lapis-lazuli, or et argent seront les éléments retenus pour sa réalisation par la Maison Poiray, place Vendôme.

Nouvelle reprise du 3 janvier au 3 février, au Covent Garden de Londres, du Scènes de Ballet de 1948.

1980

Expose à Tours, Galerie Davidson, des chaos architecturés à l’encre de Chine grise et noire.

1981

Exposition Collective, « Coup de Théâtre aux indépendants » au Grand Palais à Paris.

Expose à Montego Bay en Jamaïque, chez Douglas Cooper, des dessins aux encres de couleurs.

Passe l’été à Athènes pour la comédie musicale « Piaf » de Pam Gems, dont il fera décors et costumes. Le spectacle se déroulera en plein air dans l’un des principaux jardins de la ville.

1982

En compagnie de Diane Deriaz et d’Henriette Gomès, Roland Penrose fête son quatre-vingt-troisième anniversaire dans l’atelier de l’artiste. Voir 1982, presse exposition.

1983

Exposition Collective, « Electra » au Palais de Tokyo, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

1984

Exposition Collective, « Les Opéras vus par… » Galerie Proscenium, Paris. Avec Pizzi, Frigerio, Doboujinsky, Carzou, Chambas…

Fait son entrée dans la collection de François Pinault qui vient le voir à plusieurs visites rue Saint-Honoré. Il lui acquiert une œuvre à l’encre dans la série des atelier et il lui en commande une autre tout spécialement.

1985

L’écoute d’émissions sur le cosmos par Marie-Odile Montchicour, sur France-Inter, réveille chez l’artiste, une fascination sans borne pour l’infinie féerie du cosmos. S’ensuit alors une série de grands dessins de planètes et d’astres, méticuleusement réalisés à la plume et aux encres grises et noires ou de couleurs. Un vrai travail de maniaque, qui impose des milliers de coups de plume, et qu’il poursuivra jusqu’en 1989.

1989

Après « L’Aigle à Deux Têtes » de 1946-47, retrouvaille avec Jean Marais pour les « Chevaliers de la Table Ronde » de Cocteau. Études de décors et costumes. Mais finalement les producteurs, Jean-Claude Brialy et Pierre Cardin préfèreront monter « La Machine Infernale » du même Cocteau, dans une mise en scène de Jean Marais, à l’Espace Cardin, avec Françoise Fabian, entre autres interprètes. Pour cette pièce, Beaurepaire fait partie des cinq derniers nominés pour le « Molière » des Meilleurs Décors et Costumes.

1990

Après être resté exposé plus de quarante ans au Maryhill Museum in Goldendale, Washington, Stanley Garfinkle et Susan Train directrice de Vogue à Paris, prennent l’initiative de remonter « Le Théâtre de la Mode » tel qu’il le fut en 1945. Après un magnifique travail de restauration des mannequins d’origine, il revient, en mai, au Musée des Arts Décoratifs, Pavillon de Marsan, au Louvre, puis, en décembre, au Metropolitan Museum of Art in New York. Beaurepaire reconstituera son décor de 1945.

Après la série des planètes, toujours dans un travail de précision à l’encre, il voyage vers d’autres formes, élaborent d’autres structures architecturées dans lesquelles la lumière et le feu irradient.

1991

Yojhi Yamamoto qui a apprécié le « Théâtre de la Mode » de Beaurepaire au Pavillon de Marsan, l’année d’avant, le sollicite alors pour créer dans la Cour Carrée du Louvre, le décor de colonnes et de drapés qui serviront de cadre à la présentation de sa nouvelle collection Haute Couture.

Au printemps, le British Imperial War Museum de Londres, accueille à son tour le « Théâtre de la Mode ».

1992

Le neveu de Frederik Ashton le contacte, avec l’intention de reprendre la chorégraphie du « Scènes de Ballet » de 1948 pour le Ballet National Néerlandais à Amsterdam. Beaurepaire dessine de nouveaux décors mais conserve les costumes de la création au Covent Garden.

Disparition de Marie-Josèphe Navarre, mère de l’artiste, de son amie de toujours, Mademoiselle Arletty et de Marlène Dietrich.

Délaisse l’encre pour la peinture à l’huile de la rigoureuse maison Lefebvre-Foinet, et donne jour à des tableaux très construits, incandescents, mystérieux où la lumière et le feu éclatent… Tous ces deuils n’y sont pas étrangers.

1995

Nouvelle production de « Scènes de Ballet » à l’Opéra de Nice, pour laquelle Beaurepaire dessinera un nouveau décor et de nouveaux costumes.

1999


Croquis et huile de Fenêtres ouvertes sur la mer, le ciel et les éléments…

Exposition Collective, « Petites Baies et Grandes Fenêtres » Galerie d’Art du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence. Avec Alechinsky, Armand, Balthus, Bonnard, Cartier-Bresson, Chagall, Dufy, Vieira Da Silva…

Rencontre Raphaël Remiatte, conteur, qui deviendra son garçon d’atelier mais surtout un témoin privilégié de la vie du peintre qu’il va photographier et filmer au jour le jour.

2000

Travaille à l’huile, un triptyque prémonitoire de tours en feu … puis quelques paysages et vues incandescentes sur 2001-2002…


2003

Exposition Collective, « Les Bâtisseurs de Rêves, Grands Décorateurs de Théâtre 1950-1980 » à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris. Avec Yannis Kokos, Lila de Nobili, Bérard, Cocteau, Jean-Denis Malclès, Picasso, Carzou, Pace, Léonor Fini…

Reprend sa série des « Ateliers » à la cire néocolor.

2004

Au Metropolitan Opera House de New York, reprise de Scènes de Ballet, d’Igor Stravinsky, scénographie de Frederick Ashton, avec les décors et costumes de Beaurepaire.

Exposition Collective, « Art et Justice » Galerie d’Art du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence. Autres artistes exposés : Buffet, Daumier, Géricault, Hélion, Masson, Poussin, Rouault…

Travaille l’huile au chevalet avec ses premières « Têtes rêvées » et ses « Paysages incandescent » et quelques « marines »

Présentation de ses maquettes de Théâtre de « Renaud et Armide », « l’Aigle à deux Têtes » et « la Machine Infernale » dans le cadre de l’exposition consacrée à Jean Cocteau à la Fundacion Bizkaia Kutxa de Bilbao.

2005

À la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, il est fait « Chevalier des Arts et des Lettres » par son ami Pierre Bergé. Ils se connaissent depuis 1952.

Débute au pastel, de superbes « Nature morte de fleurs » des « Silhouettes en errances » et à l’acrylique une série de lignes en hommage aux « Batailles » de Paolo Uccello.

Exposition Collective intitulée « Autour de Cocteau » à la Galerie d’Art du Conseil Général des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence. Outre Beaurepaire, cette exposition présente des œuvres de Max Jacob, Picasso, Dora Maar, Man Ray, Amadeo Modigliani, Marie Laurencin…

Réveil d’une maladie dite de « longue durée ».

2006

Poursuite des thèmes abordés l’année précédente.

2007

Après avoir accueilli Manessier, Erró, Chu Teh Chun, la Maison Elsa Triolet–Aragon de St Arnoult en Yvelines reçoit André Beaurepaire, qui présente une sélection de son récent travail à l’huile et à l’acrylique.

Exposition Collective, « Jean Cocteau et la Grèce » au Musée Benaki à Athènes. Exposition réunissant aussi des œuvres de Bernard Buffet, Jacques-Émile Blanche, Édouard Dermit, Dora Maar, Christian Bérard…

2008

Illustre « L’Enterrement de Mozart » aux Editions Actes Sud. Un conte et un livret signés Hubert Nyssen, sur une musique pour cinq voix et neuf instruments du compositeur Bruno Mantovani pour l’Ensemble Musicatreize, dirigé par Roland Hayrabedian. La création mondiale a lieu à Aix-en-Provence, le 1er avril 2008, au Grand Théâtre de Provence.

Expose à Marseille, Studio Musicatreize, une série de toiles à l’huile et à l’acrylique de ces vingt dernières années.

2009

Festival International d’Edimbourg, nouvelle reprise du Scènes de Ballet, d’Igor Stravinsky, dans la scénographie de Frederick Ashton et les décors et les costumes de Beaurepaire.

Expose quarante toiles de ces trente dernières années dans cette belle galerie typiquement alsacienne de la Cour des Bœcklin à Bischheim, près de Strasbourg.

Mise en chantier d’un projet photographique et vidéo autour du « Peintre et son Modèle ». Beaurepaire y joue son propre rôle et Raphaël Remiatte qui fait les photos, se charge aussi d’incarner les modèles… Hommes, femmes, enfants, sauvages ou civilisés c’est toute une galerie de personnages qui commencent à défiler dans le 320 rue St Honoré…

2010

Pour le n°43 de la revue poétique Nu(e), Pierre Caizergues publie une suite de poèmes inspirés du travail d’André Beaurepaire.

Après avoir longtemps travaillé le noir et blanc dans ses dessins à l’encre dès les années 40 et jusque dans les années 90, Beaurepaire y revient une fois encore mais à travers la peinture acrylique cette fois, pour initier notamment une série de duo de Têtes « rêvées » qui sont certainement le pendant au duo photographique qu’il forme avec Raphaël Remiatte.

2011

Poursuite du travail à la peinture à l’huile, au chevalet… des lignes, des courbes et encore des lignes…

Malaise au lendemain de Noël qu’il passe à la campagne dans la famille de Raphaël Remiatte. André commence à être affaibli par la maladie longue durée qui s’est réveillée depuis 2005.


2000

Travaille à l’huile, un triptyque prémonitoire de tours en feu … puis quelques paysages et vues incandescentes sur 2001-2002…


2003

Exposition Collective, « Les Bâtisseurs de Rêves, Grands Décorateurs de Théâtre 1950-1980 » à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris. Avec Yannis Kokos, Lila de Nobili, Bérard, Cocteau, Jean-Denis Malclès, Picasso, Carzou, Pace, Léonor Fini…

Reprend sa série des « Ateliers » à la cire néocolor.

2004

Au Metropolitan Opera House de New York, reprise de Scènes de Ballet, d’Igor Stravinsky, scénographie de Frederick Ashton, avec les décors et costumes de Beaurepaire.

Exposition Collective, « Art et Justice » Galerie d’Art du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence. Autres artistes exposés : Buffet, Daumier, Géricault, Hélion, Masson, Poussin, Rouault…

Travaille l’huile au chevalet avec ses premières « Têtes rêvées » et ses « Paysages incandescent » et quelques « marines »

Présentation de ses maquettes de Théâtre de « Renaud et Armide », « l’Aigle à deux Têtes » et « la Machine Infernale » dans le cadre de l’exposition consacrée à Jean Cocteau à la Fundacion Bizkaia Kutxa de Bilbao.

2005

À la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, il est fait « Chevalier des Arts et des Lettres » par Pierre Bergé, au nom du Ministre de la Culture.

Débute au pastel, de superbes « Nature morte de fleurs » des « Silhouettes en errances » et à l’acrylique une série de lignes en hommage aux « Batailles » de Paolo Uccello.

Exposition Collective intitulée « Autour de Cocteau » à la Galerie d’Art du Conseil Général des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence. Outre Beaurepaire, cette exposition présente des œuvres de Max Jacob, Picasso, Dora Maar, Man Ray, Amadeo Modigliani, Marie Laurencin…

Réveil d’une maladie dite de « longue durée ».

2006

Poursuite des thèmes abordés l’année précédente.

2007

Après avoir accueilli Manessier, Erró, Chu Teh Chun, la Maison Elsa Triolet–Aragon de St Arnoult en Yvelines reçoit André Beaurepaire, qui présente une sélection de son récent travail à l’huile et à l’acrylique.

Exposition Collective, « Jean Cocteau et la Grèce » au Musée Benaki à Athènes. Exposition réunissant aussi des œuvres de Bernard Buffet, Jacques-Émile Blanche, Édouard Dermit, Dora Maar, Christian Bérard…

2008

Illustre « L’Enterrement de Mozart » aux Editions Actes Sud. Un conte et un livret signés Hubert Nyssen, sur une musique pour cinq voix et neuf instruments du compositeur Bruno Mantovani pour l’Ensemble Musicatreize, dirigé par Roland Hayrabedian. La création mondiale a lieu à Aix-en-Provence, le 1er avril 2008, au Grand Théâtre de Provence.

Expose à Marseille, Studio Musicatreize, une série de toiles à l’huile et à l’acrylique de ces vingt dernières années.

2009

Festival International d’Edimbourg, nouvelle reprise du Scènes de Ballet, d’Igor Stravinsky, dans la scénographie de Frederick Ashton et les décors et les costumes de Beaurepaire.

Expose quarante toiles de ces trente dernières années dans cette belle galerie typiquement alsacienne de la Cour des Bœcklin à Bischheim, près de Strasbourg.

Mise en chantier d’un projet photographique et vidéo autour du « Peintre et son Modèle ». Beaurepaire y joue son propre rôle et Raphaël Remiatte qui prend les photos, se charge aussi d’incarner les modèles… Hommes, femmes, enfants, sauvages ou civilisés c’est toute une galerie de personnages qui commencent à défiler dans l’atelier du 320 rue St Honoré…

2010

Pour le n°43 de la revue poétique Nu(e), Pierre Caizergues publie une suite de poèmes inspirés du travail d’André Beaurepaire.

Après avoir longtemps travaillé le noir et blanc dans ses dessins à l’encre dès les années 40 et jusque dans les années 90, Beaurepaire y revient une fois encore mais à travers la peinture acrylique cette fois, pour initier notamment une série de duo de Têtes « rêvées » qui pourraient être le pendant au duo photographique qu’il forme avec Raphaël Remiatte.

2011

Poursuite du travail à la peinture à l’huile, au chevalet… des lignes, des courbes et encore des lignes…

Au lendemain des fêtes de Noël qu’il passe à la campagne dans la famille de Raphaël Remiatte, André Beaurepaire fait un malaise. La maladie longue durée qui s’est réveillée depuis 2005, commence à l’affaiblir gravement.


2012


Trop faible pour regagner Paris, par le train, c’est en voiture que nous ramène l’ami historien Jean-Paul Desprat. André garde le lit durant trois semaines… Raphaël Remiatte veille sur lui.

Il ne peut donc assister au vernissage chez Agathe Gaillard qui expose du 7 janvier au 25 février, 27 de leurs photos tirées du « Peintre et son Modèle ».

Agathe Gaillard fut la première en France à ouvrir dès 1975, au 3, de la rue du Pont-Louis-Philippe, une galerie exclusivement consacrée à la photographie. Elle fut encouragée par des photographes amis comme Jean-Philippe Charbonnier, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Gisèle Freund, André Kertesz, Edouard Boubat, Ralph Gibson, entre autres.

Le 22 janvier, ayant suffisamment récupéré, André souhaite reprendre une toile de la série lignes et courbes, commencée en décembre.

Le 1er février, il assiste au vernissage bis que Raphaël Remiatte et Agathe Gaillard organisent spécialement pour lui.

Le 10 février, il recouvre la toile qu’il juge ratée…

Le 14, il en esquisse une nouvelle, au fusain pour commencer…

Le 17, épuisé, il est contraint de quitter le chevalet et la nouvelle toile qu’il a commencée… Malgré son envie toujours intacte, il ne pourra y revenir. Le plus ancien dessin répertorié, date de 1930, il avait 6 ans… Il aura donc 82 ans durant, consacrée sa vie à peindre et à dessiner…

Le 25 février, il tient absolument à venir pour la dernière de la première exposition de Raphaël Remiatte. Il a pris tellement de plaisir à participer à toutes ces photos depuis 2009…

En mai, ils font quelques nouvelles prises de vues du « Peintre et son Modèle » Raphaël se couvre le corps avec les pastels d’André et utilise des fleurs printanières du jardin des Tuileries tout proche.

Sortie en juin, aux éditions Allemandi, du « Monde de Beaurepaire » un beau livre, richement illustré, qui retrace un demi-siècle de création scénographique. Un livre dirigé par Vittoria Crespi-Morbio, préfacé par Edmonde Charles-Roux, et avec une chronologie de Raphaël Rémiatte. Ouvrage disponible en français ou en Italien sur Allemandi.com ou via un email à partir de la page contact de ce site.

30 juillet, Jardin des Tuileries, dernière promenade d’André dans le Paris qui l’a vu naître… En compagnie de Raphaël, Jean-Paul Desprat et Bernard Mahoux…

Le samedi 4 août, pour les 88 ans d’André Beaurepaire, Raphaël Remiatte ouvre leur dernière bouteille de vin de Champagne ; 13 ans jour pour jour après la toute première qu’ils partagèrent le 4 août 1999, dans cette même maison de la rue Saint Honoré.
Ce jour là, pour son anniversaire, Raphaël lui avait apporté deux gâteaux au chocolat comme ceux qu’il vendait alors au Cinéma au plein air au Parc de la Villette. C’est d’ailleurs là qu’ils s’étaient rencontrés la semaine précédente.

Le 7 août, dans l’atelier, dernières photos ensemble du « Peintre et son Modèle ». Malgré la fatigue, André a toujours à cœur d’y participer.

Le 19 août Raphaël Remiatte qui l’a photographié des milliers de fois, depuis 1999, photographie une ultime fois André Beaurepaire.

Le mardi 21 août, peu avant 13 heures, André est allongé en face de ses derniers tableaux « bleus » peints en 2011, lorsqu’il ferme définitivement les yeux et prend son ultime envol. Lui, qui disait de nos vies qu’elles ne durent qu’une virgule d’éternité, a définitivement quitté cette belle maison 18ème du 320 de la rue Saint Honoré qu’il habitait depuis le 9 février 1960.

Son esprit y est règne certainement encore mais son corps repose maintenant au cimetière du Père Lachaise.

2013

Exposition collective chez Agathe Gaillard. Une de nos photos est montrée en compagnie de celles de photographes tels que Henri Cartier-Bresson, André Kertesz, Ralph Gibson, Manuel Alvarez Bravo, Edouard Boubat, Lucien Clergue, Norman Parkinson, Hervé Guibert, Don Mc Cullin, Bernard Faucon…

Du 11 Avril au 7 mai, à l’invitation d’Agnès b. Agathe Gaillard expose soixante trois photographes au 17 rue Dieu, Paris 10e. Cent quatre vingt photos sont présentées dont l’une d’elles montre André Beaurepaire en blouse de peintre, une couronne sur la tête, posant au côté de Raphaël Remiatte en habit de pharaon. Ils ont l’honneur d’être accrochés juste à côté d’un certain Henri Cartier-Bresson.

26 avril, parution aux éditions Gallimard, des "Mémoires d'une galerie" d’Agathe Gaillard, dans la collection " Témoins de l'Art " dirigée par Jean-Loup Champion. Dans ses mémoires, qui retrace 38 ans d’activité comme marchande d’art, Agathe Gaillard, évoque les débuts photographiques de Raphaël Remiatte qui sont intimement liés à André Beaurepaire. Puisque c’est à partir de l’homme et de l’artiste que fut Beaurepaire qu’a pu naître l’idée du « Peintre et son modèle ». Son parcours, sa personnalité et l’admiration qu’il lui porte, ont été déterminants pour lancer cette délirante aventure photographique et vidéo. Agathe Gaillard dit aussi pourquoi elle a choisi d’exposer ce photographe qui restera le tout dernier qu’elle ait souhaité défendre dans sa galerie du 3, rue du Pont-Louis-Philippe. En effet, la galerie, fermera bientôt ses portes, après 38 ans d’activité. Agathe Gaillard souhaitant servir autrement la photographie…

Quant à Raphaël Remiatte, il poursuit seul l’aventure initiée avec André Beaurepaire, qui n’est d’ailleurs jamais bien loin puisque il fait entrer ses tableaux et son portrait dans son propre univers photographique… Et parce qu’il n’oubliera jamais mots d’André Beaurepaire dans les derniers mois de sa vie : « Raphaël, tu a été le magnifique soleil du soir de ma vie et j’aimerais tellement me fondre en toi ! »