[blanc]1960[/blanc]

Léonid Massine lui offre de collaborer avec lui sur trois Ballets qui seront montés pour le Festival International de la Danse de Nervi. Au programme, l’intégrale du « Barbier de Séville » de Rossini, qui sera pour la première fois simultanément dansé et chanté. Grande Première pour laquelle il signe décors et costumes ; exécutés à merveille par Lydia Doboujinsky.

Viennent ensuite « Le Beau Danube Bleu » de Johann Strauss, et « Choréartium » de Brahms dont il créé les décors. Invité par Massine, Maurice Béjart créera là, l’un de ses tous premiers ballets.

Nadine Farel, productrice, propose à Cocteau de reprendre « L’Aigle à Deux Têtes » monté à l’Hébertot en 1946. Ce sera au Théâtre Sarah Bernhardt cette fois et Edwige Feuillère y reprendra le rôle de la Reine. Beaurepaire lui proposera de nouveaux décors.

6 février, emménage 320, rue Saint-Honoré Paris 1er.

Conduite par Pierre Bergé, nouveau séjour de Louise de Vilmorin chez Beaurepaire au château de Frault près de Chinon, pendant les mois de février et mars. Elle y poursuit la traduction de la comédie musicale « Kiss me Kate » dans des conditions plutôt spartiates, pas de chauffage dans ce rustique relais de chasse. Mais comme toujours avec Beaurepaire, l’atmosphère est joyeuse. Durant le séjour, ils se rendent en voisin, à Huismes chez Max Ernst et Dorothea Tanning qui reçoivent Jean Arp.

Du 24 au 31 octobre, Louise de Vilmorin et Beaurepaire séjournent en Gironde à Fontgravey-Blanquefort chez la famille des sœurs Philippart, Sylvaine et Nathalie qui dansa avec Jean Babilée en 1946 « Le Jeune et la Mort ». Un ballet en deux tableaux de Roland Petit sur un livret de Jean Cocteau et une musique de Jean-Sébastien Bach.

[blanc]1961[/blanc]

Expose à New York, Galerie Wildenstein, une série de dessins aux encres de couleurs.

Comme chaque année depuis le début des années cinquante, il séjourne à Belle Isle en Mer, chez Arletty, qui a une maison à Donnant.

[blanc]1962[/blanc]

Exposition collective, « French Watercolours of the 20th Century », Galerie Wildenstein, Londres. Avec Bernard Buffet, Raoul Dufy, Roger Chapelain-Midy, Willem van Hasselt…

Dessins préparatoires pour « La Petite Sirène » musique de Germaine Taillefer sur un livret de Philippe Soupault.

Chez son amie, la réalisatrice Juleen Compton, dans l’ancien appartement de Louis Aragon et d’Elsa Triolet, rue de la Sourdière à Paris, il rencontre l’éminent directeur de théâtre et critique Harold Clurman. Fondateur of The Group Theater avec Cheryl Crawford et Lee Strasberg qui créera l’Actors Studio en 1947.

[blanc]1963[/blanc]

Son amie Edmonde Charles-Roux, suggère à Gian-Carlo Menotti, de confier à Beaurepaire les décors et costumes du « Dernier Sauvage » à l’Opéra-Comique de Paris. Cet opéra lui donnera l’occasion d’évoquer tout à la fois la magnificence des Maharadjas dans leurs palais, de dessiner un moderne paint-house à New-York et de créer de luxuriantes forêts vierges.

Réalise un décor Art Nouveau style Guimard, pour « Les Oiseaux Rares », une pièce de René Lhoste, montée au Théâtre Montparnasse, avec Armande Navarre sœur de l’artiste.

Les Centraux Bibliophiles lui commandent les illustrations des « Poèmes en prose » d’Arthur Rimbaud. Livre imprimé à 140 exemplaires et comprenant 20 lithographies originales tirées chez les célèbres Frères Mourlot où venaient Matisse, Fautrier, Dubuffet, Picasso, Miro, Chagall, Braque, Giacometti…

Au Grand Véfour, en compagnie de Gian-Carlo Menotti, il voit pour la dernière fois son ami Jean Cocteau qui meurt quinze jours plus tard à Milly-la-Forêt le 11 octobre ; Quelques heures seulement après Edith Piaf…

[blanc]1964[/blanc]

Aux Bouffes Parisiens, Jean Le Poulain monte avec brio « Têtes de Rechange » une pièce de Jean-Victor Pellerin. Les décors et les costumes seront réalisés de « main de maître » dixit le critique du Figaro, Jean-Jacques Gautier.

[blanc]1965[/blanc]

Expose chez Alexandre Iolas, à Genève, ses dernières toiles. Sa palette s’éclaircit, une lumière dorée vient caresser ses « villes », ses « paysages embrumés »… Pour la circonstance, François Nourissier écrit un superbe texte sur le travail de l’artiste. De passage à Genève, Jean Genet, vient saluer Beaurepaire, seize ans après leur collaboration pour « Haute Surveillance » qui fit scandale.

[blanc]1966[/blanc]

Sortie « Des Petites fenêtres », de Lucien Henry, chez Robert Morel, éditeur à Forcalquier. Livre regroupant les études à la plume ayant servi pour le décor de « Haute Surveillance ».

[blanc]1967[/blanc]

Chaque semaine, en compagnie de Lila de Nobili et de Yannis Tsarouchis, ont lieu chez lui, 320 rue Saint-Honoré, des séances de dessin avec modèles… Pompeusement surnommée par le trio fondateur, « l’Académie » celle ci est ouverte à tous et durera jusqu’en 1970. Durant cette période le peintre grec Yannis Tsarouchis travaillera aussi chez Beaurepaire de grandes toiles jusqu’à ce qu’il parte s’installer à Méru.

[blanc]1968[/blanc]

Expose à Paris, Galerie Jean Wanecq, rue des Saints Pères, où Janine Caracalla présente les derniers pastels de l’artiste qui fait une incursion assez inattendue vers une néo-impressionnisme. Début des événements de Mai 68. Le 3, le Quartier Latin est déjà en ébullition et certaines personnes arrivent au vernissage les yeux rougis par les gaz lacrymogènes.

[blanc]1969[/blanc]

Expose à Paris, Galerie Jean Wanecq, rue des Saints Pères, une nouvelle série de pastels toujours présentés par Janine Caracalla.

A La Cafetière au 21, rue Mazarine, il voit pour la dernière fois sa très chère Louise de Vilmorin rencontrée en 1946 à l’Ambassade d’Angleterre. Elle meurt quinze jours plus tard le 26 décembre.

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